Nous disparaîtrons tous
Je marmonne cette phrase
En marchant
Je me dis A moi
Ce que je peux me dire
Seulement Maintenant
Pas avant
Jamais avant Tous
Jamais nous ne croyons
Avant
Ce qui nous est dit
Ce qui n'est pas à temps
Ce que nous nous
nous disons A nous
Lorsque C'est Le Moment
Lorsque Nous le vivons
Mais Qu'est-ce qui amena
cette vérité?
Je ne m'en souviens pas
de la tendresse
ou de la vindicte?
De la lucidité
Après la douceur d'un de mes regards?
Ceci que j'écris pourra être reconnu
Seulement
Ceci
ne pourra pas être entendu
Etc.
Je peux alors imaginer le trop plein
d'avoir à dire
Lorsque la parole n'existe
ou échappe
S'accumulant par rang de bataille
ou sédiment calcaire
friable
que retient la bouche
Ses lèvres fermées
Serrées Oui Ils les serrent
Ou bien si on force un sourire
Les dents serrées
Ce pourra être un son
Pas plus qu'un son
Et nous ne savons cette langue-là
De ceux qui n'ont pas de langue
Et que notre langue
bouleverse
de n'en avoir pas pour nous répondre
Alors qu'aux barrages
s'accumule toujours la parole
Jamais dite
J'ai pris les lumières telles qu'elles étaient
Je me suis retourné un grand nombre de fois
La Lumière
La pluie avec le soleil
Une telle luminosité!
Et Dans Tout
Qui Sourit Alors quand les visages sont fermés
Les focades
Je me suis arrêté
dans leur dos Aussi
Regardez encore le soleil sur les blés
Les briques rouges et les tuyaux de fonte noire
Mais les désolations aussi s'éclairent
Plus fidèles que les moissons En Fin
Mais
Ce que nous regardons est tellement éphémère
Ce
Et Nous
Tellement vite déjà ailleurs
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Jean de Breyne

 

 

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