Un cortège

Un cortège de fenêtres se penche sur l'eau. La nuit penche de tout
son poids sur la pensée. L'eau touche
le genou de l'étranger.

Mohammed El Amraoui

 

 

 

 

En haut le pont que je connaîs pas. En bas, la ville d'où je viens.
Entre les deux, les escaliers
s'ouvrent de plus en plus et se tournent comme pour agraffer
le mur ou s'y accrocher.
En bleu nocturne est inscrit quelque chose comme sens ou sensible.

Au milieu, c'est la nuit,
une cane métallique divise
ces mêmes escaliers en deux clavicules
et finit par une sorte de larynx figé
dans la bouche du pont.

J'entends une toux sèche, et tout ceci devient le rappel de mon
thorax, avec le même sternum métallique,
le passage aseez sensible de l'air et ce quelque chose charbonné à la manière d'un graffiti
sur le seuil du sens.

Mohammed El Amraoui

 

En haut
De ce côté

 

De ce côté
l'ombre d'un pont encore remonte le mur antique qui le soutient.

De ce côté
l'ombre d'un pont se propage sur un sourd bruit.
De ce côté,
des strates de lumière descendent jusqu'au lit du fleuve. Et cela se passe sans que
personne n'y prête attention.

Un soir de cuivre et de bronze s'engouffre dans ma bouche.

Mohammed El Amraoui

 

 

 

Durant toute la nuit, un trait rouge se lève comme un poteau électrique ou un sexe ou un
oesophage irrité, son reflet traverse
le pont et résiste à l'obscurité.

Pour la première fois, je remarque une couche de feuilles d'or
aussi fraîche
sur la bordure à la fois du bitume et de la nuit.

Au delà des parapets, la ville couchée comme un rêve ni bon, ni mauvais. Quelques
bourgeons de vert sortent des fenêtres.
Et peut-être y a-t-il un passant qui me donnerait un cigarette ou une grimace
violente.

Mohammed El Amraoui

Durant

 

 

 

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