Vue de LyonL'œil de Manolis ... regard nocturne longeant le Rhône et la Saône, de Saint Georges à l'Ile Barbe, jouant avec les reflets de leurs habits que sont les façades, les ponts et les quais. Cherchant à travers cette apparente liaison du liquide et du solide, un point de divergence, voire de rupture. Jusqu'à, comme revenir questionner, sous le couvert des rapports clair/obscur, autant les lois de la perspective et ses champs de profondeur que leurs dynamiques linéaires, auprès de ces étroites cours intérieures et de ces paliers et portées d'escaliers.
    Mais longitudinalement coule la Saône, et dans ses ondulations, viennent glisser, se fondre, tomber, reposer, fendre, sans cesse, les verticales architecturales.
    Statisme et dynamisme à la fois ou la confusion de leurs origines...sans cette horizontale noire, synonyme de digue, de berge, venue les unir comme les désunir, et vers laquelle convergent, pour y disparaître, toutes les lignes de fuite. Délibérément inhérente à la composition cruciforme de chacune des vues, écrin ou porte ouverte sur, elle est là, courte ou longue, épaisse ou mince, accompagnant, contrastant, soutenant, frôlant, rejetant, côtoyant, éteignant ou illuminant une mosaïque de lumières éparses.     
    Des rouges, des bleus, des verts, et des oranges, sous la forme de rais, de carrés, de rectangles, et de filets, s'appellent et se rappellent, se suivent et se poursuivent, se lient et se délient, épousant le statisme, épousant le dynamisme.
    Mais de ces deux états force et de ces deux éléments matière, le jeu du reflet s'échappe... et s'élève. Des réverbères, jaillissent: étoiles, boules et feux de Bengale, que l'eau miroitante, parfois, saisit, déplace ou multiplie.
    L'œil de Manolis ...suivant la nuit, le fleuve et la rivière, signale... sans plus signifier.

Kayouch Kayamia

 

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